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Festival International de Géographie de Saint-Dié

- Discours du président lors de la remise du prix de thèse 2012

Discours d’Alain Dubresson, président du CNFG, lors de la remise du Prix de thèse 2012 au FIG.

Monsieur le ministre, Monsieur le maire, président fondateur du FIG, cher Christian Pierret

Monsieur le président de l’ADFIG, cher Jean-Robert Pitte,

Monsieur le directeur scientifique

Madame notre grand témoin

Chers collègues, chers amis

Mesdames, Messieurs,

Le prix de thèse du Comité National Français de Géographie, ainsi que les 2 accessits qui récompensent de jeunes docteurs ayant soutenu leur thèse l’année précédent celle du Festival international de Géographie, sont décernés cette année pour la dixième fois.  L’adolescence est donc en vue et j’espère que dans 7 ans (17 ans, c’était l’âge de Léa Delmas en été 1939, chère Régine Desforge) une « bicyclette bleue » nous permettra de franchir de nouvelles étapes, moins mouvementées, souhaitons le, que celles de votre trilogie.

Ces récompenses émanent du CNFG, créé en 1920 à l’initiative de l'Académie des Sciences et qui représente la communauté géographique française auprès de l’Union Géographique Internationale (l’UGI). A ce propos, permettez moi de saluer Anne Buttimer et Ron Abler, anciens présidents de l’UGI, ainsi que Valérie Viehoff, qui sont parmi nous et qui ont contribué au grand succès du 32ème Congrès international, organisé à Cologne du 26 au 30 août derniers et où les jeunes chercheurs ont eu une place privilégiée. Permettez-moi également de saluer, et surtout de féliciter, la délégation turque, Istanbul ayant été choisie pour organiser le Congrès international de l’UGI en 2020, qui succèdera donc à celui de Pékin en 2016. Pour la première fois, un congrès de l’UGI se déroulera sur deux continents à la fois.

En tant que membre du Comité Français des Unions Scientifiques Internationales (le COFUSI) et du Conseil international des Sciences sociales, le CNFG participe activement aux débats sur les grandes questions du XXIème siècle et il œuvre pour favoriser les démarches pluridisciplinaires. Cette réflexion et ces démarches ont besoin d’innovation et de souffle prospectif. C’est pourquoi il est impératif d’encourager les jeunes chercheurs, les récompenses aujourd’hui décernées étant l’une des multiples formes de cet encouragement.

Nous honorons aujourd’hui trois jeunes géographes de talent dont les travaux ont été soumis à une rude compétition fondée sur une procédure très sélective, qui commence au Conseil national des universités, lequel sélectionne les 10 meilleures thèses de l’année en veillant au respect de toutes les sensibilités et  de toutes les approches. Ces thèses sont ensuite classées par un jury ad hoc. C’est dire que la compétition est très difficile, la plupart des travaux dotés de prix étant ensuite publiés.

À la qualité scientifique de chacune des thèses s’ajoute la confirmation d’une Géographie qui s’est emparée des grandes questions du monde actuel, qui concourt à leur compréhension de manière originale, avec les spécificités que confère une démarche intégrée, ayant pris depuis longtemps ses distances avec le naturalisme et le déterminisme, qui s’est ouverte depuis longtemps aux sociétés « autres » et qui contribue, avec d’autres disciplines, à appréhender le monde différemment.

Les trois thèses récompensées cette année en sont une belle illustration. La première est consacrée à la patrimonialisation des sites religieux au sein d’espaces protégés de montagne situés dans le massif de la Grande-Chartreuse et au nord Liban. Cette thèse, préparée en co-tutelle avec l’université Saint-Joseph de Beyrouth, et qui honore grandement la coopération franco-libanaise, s’inscrit dans les nouvelles démarches qui pensent « autrement » la notion de paysage, ici de paysage culturel (on retrouve le thème du Festival) et qui s’affranchissent de l’artificielle opposition entre nature et culture dont Philippe Descola avait discuté le bien-fondé ici même il y a deux ans. Les dieux étant facétieux, la seconde thèse est consacrée à la Turquie, le pays invité du FIG 2012. Elle analyse les relations entre les politiques d’aménagement du territoire turc et les objectifs de cohésion territoriale définis par l’Union Européenne. Quant à la troisième thèse, elle est consacrée au transfert de la fonction de la capitale allemande de Bonn à Berlin envisagé sous l’angle du politique et de ses conséquences spatiales dans les quartiers du pouvoir.

Au nom du CNFG, je félicite les lauréats 2012. Vous avez su, tous les trois, démontrer que la démarche, la méthode et les outils de la Géographie permettaient de faire progresser la connaissance et, surtout, de donner du sens à vos minutieuses observations de terrain tout en faisant preuve d’humilité. Vous me faites penser à cette phrase magnifique, que nous devons à la plume d’un grand géographe de Madagascar et de l’Afrique, Jean-Pierre Raison : « Etre géographe, pour paraphraser Marc Bloch, ce devrait être se sentir solidaire de tout, de l’Histoire dans sa profondeur, de l’univers dans sa totalité, solidaire de l’espace, du temps, ou plutôt des hommes dans l’espace et dans le temps, avec pour seul orgueil la conscience éclairée de son ignorance ».

Je vous remercie de l’avoir aussi brillamment illustrée.